lundi 20 novembre 2017

balance son porc






J'aurais voulu réagir à chaud. 




Mais je préfère toujours réfléchir, ne faisant que peu confiance à mes sentiments, à mon impulsivité.
J'ai beau réfléchir,  tourner dans tous les sens, ruminer, j'ai aussi mon mot à dire. Ou plutôt mes mots.
Comme toutes celles qui ont écrit en 140 caractères.
Tellement de choses ont déjà été dites, très bien d'ailleurs. J'ai eu la nausée avec ceux qui ont essayé de défendre ses gens.

C'est tellement vieux tout ça, presque oublié parfois. Enfin j'essaie de m'en convaincre.
Et puis d'un seul coup, ce hashtag apparaît. Il est apparue aussi au moment où dans ma vie il se passait des choses.
Tout s'est bousculé.

Je suis suivie par une psychologue qui tente de me faire prendre conscience que je peux avoir confiance en moi (elle a tiré le jackpot avec moi : y a du taf !!). On en a parlé, un peu.
Alors j'ai décidé d'en parler à Lili. Ça n'a pas été simple, et je m'y suis mal prise. Mais j'ai crevé l'abcès. Elle sait.

Un autre jour, c'est un geste, un simple geste qui m'a ramené 35 ans en arrière. J'ai refait des cauchemars pendant quelques jours. Je me suis renfermée pendant quelques semaines.

Et ce hashtag que je voyais chaque jour. J'ai lu quelques témoignages. Mais c'était trop difficile pour moi.
Je n'arrête pas de me dire que ma situation n'est pas la même. Je n'ai pas été victime de la même façon.
Malgré tout, toutes ces femmes qui osent parler de leur agression après tant d'années, ça me parle.
La peur qu'on ne les croit pas, qu'on n'ai pris pas en compte leur parole, qu'on ne les considère pas comme victime, qu'on mette en doute leur comportement. Qu'elles aient été obligé de se taire si longtemps, par peur ou oubli traumatique. Tout ça je connais.

Aujourd'hui, moi même je nie ma souffrance et les conséquences de ces actes.J'ai tellement essayé d'oublier. On a tellement nié mon statut de victime. On a tellement mis en doute ma parole

Je n'ai jamais posé de mots sur les actes. Je n'ai jamais dit avec exactitude, je n'ai jamais décrit ce qui s'était passé. Ce ne sont restés que des images, des cauchemars, des blessures trop profondes que je n'ai jamais réussi à guérir totalement. J'ai tout enfermé, mis de côté au fond de ma mémoire, pour ne plus y repenser.

Mais parfois, comme en ce moment, et pas seulement à cause du hashtag, ça remonte. Avec toutes les odeurs nauséabondes d'un truc pourri qui me donne mal au coeur.
Mais pourquoi est ce moi qui suis malade ? Je me demande si lui y pense de temps en temps, s'il se souvient. Mais je n'aurais jamais le courage de demander. Comme je n'aurais jamais le courage d'envoyer chier les gens qui ne m'ont pas soutenu le jour où j'ai parlé. Ces gens qui n'ont rien voulu voir. Ces gens qui m'ont poussé à me taire et à ne pas porter plainte. Ont ils des remords, des scrupules ?

Toutes des personnes font partie de ma famille. Ma mère m'a sommé de me taire à jamais, ma sœur ne m'a pas cru, mon père ne l'a jamais su. Mon frère, 9 ans de plus que moi, m'a agressé sexuellement de mes 6 à mes 12 ans.




mercredi 23 août 2017

Qui participent à la #radioblogueurs2017




Et j'en profite pour revenir !












Oui cela fait longtemps que je n’ai pas écrit. Mais j’ai toujours dit je n’écrirais pas lorsque j’allais mal. Pourquoi ? Aucune idée, puisque j’écris de beaux textes dans ces moments là.

Alors voilà l’histoire.
Comme j’allais bien il y a un an, j’avais le feu vert de mon psy pour chercher un job. Faut pas rêver, vu mon profil, j’avais peu de chance de trouver un boulot correspondant à mes compétences.
C’est comme ça que je me suis retrouvée là où j’en suis actuellement. Mais cela faisait trop longtemps qu’on galérait avec un seul salaire. On n’en pouvait plus de ne pas pouvoir souffler un peu depuis des années (sans compter les années où on a même plonger dans le gouffre financier).
J’ai fait le choix de tenter le coup. Je me suis dit que je serais assez forte. Et bien non, il y a bien des métiers qui ne sont pas pour les bipolaires.
La descente s’est faite peu à peu. J’ai essayé de me rattraper aux branches mais ça ne suffisait pas.
J’allais au boulot en pleurant, j’ai eu de l'eczéma, je tombais tout le temps malade. Mon corps parlait pour moi.

Mais j’ai tenu le coup, j’ai finis mon contrat. Je ne voulais que l’on dise que j’abandonnais encore une fois. Et puis il faut payer les factures. On faisait des projets, on respirait enfin. Je me rassurais en me disant que je me remettrais tranquillement après.
Pas de bol ! Tout ce que je mettais en place ne marchait pas. Les signes de la dépression s’installaient encore plus. J’ai donc contacté mon psy. Résultat : changement de traitement pour 3 mois. Ca va mieux.
J’ai trébuché dans ma stabilisation. J’ai eu très peur aussi. Tout le passé me revenait dans la gueule. Je ne voulais pas revivre ça. Mais la différence est que, maintenant je suis assez forte pour m’en sortir avant de tomber complètement.

Dans le même temps, j’ai pris contact avec une psychologue. Et en plus des médocs, je comprends beaucoup de choses.
Enfin pas tout à fait. Comme elle me l’a dit, j’ai déjà analysé, compris. Mais j’ai pris tellement de distance face à ça, par peur d’aller plus loin, parce que ça fait mal, que le plus difficile est d’intégrer tout ça pour moi.
Mais j’ai intégré une chose. Que j’avais le droit d’être moi, cette personne légèrement excentrique, pas tout à fait formatée, créative. Que j’ai ma place dans le monde, dans la société et dans ma famille en tant que personne.
Enfin pouvoir exprimer les trucs que je ressens au fond de moi depuis des années.
Je me sens mieux avec moi même, un peu plus en harmonie.

Je fais un grand ménage dans la maison, je range, je jette. Beaucoup de choses prennent un sens quand elles sont à leurs places. J’en profite pour le faire aussi dans ma tête.

Je ne sais pas comment vous dire (encore une fois), que ce blog, ainsi que vous grâce à tous les réseaux sociaux et dans la vraie vie parfois, m'accompagnez de différentes façons dans cette démarche.



samedi 7 janvier 2017

Qui sont perdues






La raison me dicte d’être sage, raisonnable. 






Un métier ne peut être qu'un boulot après tout.
Mon cœur  refuse de s’y soumettre. Mon corps aussi. Tout déconne depuis quelques temps.

On pourra me reprocher mon ambition. L’ambition de devenir quelqu'un. De vouloir laisser une trace. Voir de réaliser mes rêves.

Le temps presse. Empêchée jusqu'à aujourd'hui, désormais le temps manque.
La confiance en moi manque, celle des autres aussi.
Ma vie donne l'impression d’une succession d’échec et d’abandon. Et je n’en suis pas fière. Et j'ai bien peur que les gens ne voient que ça. Qu’on ne me donne pas cette dernière chance. Parce que j'ai trop déçu. Même moi j'ai dû mal à croire en moi.
Plus le droit à l'erreur.

Les envies sont là, mais peut on avancer qu’avec ses envies? On ne va peut-être pas bien loin.

J’aimerai savoir me résigner tout doucement, sans faire de vague.
Peut-être que je ne suis pas faite pour une vie tranquille même avec les médicaments.
Faire des compromis ?
Ils vous mènent sur un chemin sans passion.Ils m’ont menée à cette situation.
Se ranger à l’avis des autres, des êtres chers pour tenter d’être celle qu’on voulait que je sois, pour être aimer.
Ne plus savoir qui on est vraiment. Ne plus prendre de décision sans l’aval des autres.Être dépendante du moindre encouragement, mot gentil. Et détruite par la plus petite remarque désobligeante.

Mon père m’offrait des cadeaux après ses crises. Pour tenter de m’amadouer, faire tomber ma colère, regagner mon amour.
Je me souviens de cette colère, cette rage. J’imagine celles des gens qui m’aiment. Je peux comprendre qu’on pense que je ne suis capable de rien.

Mais j'ai toujours la rage. Montrer de quoi je suis capable. Le mieux parce que le pire est déjà fait.
Me construire jusqu'au bout.
Mon dernier défi peut-être. Après la bête sera calmée, d’avoir pris autant de revanche sur cette putain de vie.